La Saison

pic_gaelGaël de Kerret

Gaël de Kerret a parcouru l’Europe des festivals et des radios pendant une quinzaine d’années et a enregistré une vingtaine de disques en abordant la musique ancienne (A Sei Voci, Clemencic Consort) comme la musique contemporaine (2E2M, TM+, Groupe Vocal de France, Orchestre Philarmonique de Radio-France…). Il a chanté entre autres à La Fenice de Venise, au Musikverein de Vienne, au festival d’Utrecht, de Montpellier, à Radio-France, à l’IRCAM ou dans le cadre de l’Union européenne des Radios avec des chefs comme Philippe Herreweghe, Jean-Claude Pennetier ou Jean-Claude Malgoire. Il a aussi dirigé, en 1997, le Chœur d’enfants de l’Opéra de Paris pour une dizaine de concerts et un enregistrement. Il est le Directeur de l’Ensemble baroque Les Cours Européennes, et, depuis sa création, Directeur Artistique du Festival Valloire baroque. Passionné par la pédagogie, il est Professeur hors classe et enseigne pour des chanteurs en cours de professionnalisation au Conservatoire à Rayonnement Régional de Versailles.

La Saison 2018

Gaël de Kerret
Directeur Artistique du Festival Valloire baroque
 
Monteverdi et sa suite
Monteverdi perçut les nouveaux vents musicaux « baroques » dont l’origine fut la réflexion sur le sens de l’homme remis en question par le système de Copernic démontrant qu’il n’est plus au centre de l’Univers. Le style baroque est le miroir de ce trouble. Le dernier polyphoniste Carlo Gesualdo démontré par les Solistes XXI aura tiré le genre jusqu’au maximum de ce qu’il pouvait donner dans ce trouble. Mais pour accompagner la réflexion de son temps, Monteverdi prit un autre chemin.
 
Il développa le madrigal, c’est-à-dire la musique en langue maternelle pour que chacun se reconnaisse dans le texte chanté : c’est ce que nous donneront avec émotion Raquel Andueza ou María Christina Kiehr, mais aussi Les Paladins de Jérôme Correas qui nous feront entendre des duos aux dissonances fascinantes.
 
Il quitta la comédie madrigalesque pour mettre définitivement en forme l’opéra avec ses récits, soli, duos et chœurs rassemblés par une histoire : ce sera l’opéra de la Cappella Mediterranea de Leonardo García Alarcón !
Enfin, il quitta la musique des sphères de Palestrina pour une musique sacrée brillante et contrastée comme le sont les sentiments qui habitent l’homme : et c’est La Fenice de Jean Tubéry qui nous emmènera à la basilique Saint Marc de Venise pour la reconstitution d’un grand office solennel ! Concerto Soave de Jean-Marc Aymes nous présentera aussi ce côté religieux et ce, en contrepoint de l’aspect profane dans la même journée ; où l’on s’apercevra que s’égalise l’écriture de ces deux domaines… qui sera aussi celle des amis de Monteverdi célébrés par nos deux sopranos déjà citées !
 
Ce Monteverdi a-t-il œuvré par rébellion juvénile ? On le voit utiliser les matériaux d’autrefois pour les amplifier sans les rejeter : la messe proposée par La Fenice est du type Renaissance en contraste avec les offices périphériques qui sont baroques. C’est avec cette pensée du renouvellement qu’il faut alors scruter la surprise de notre édition : une création contemporaine écrite pour le festival ! De même que Monteverdi utilisa le chant grégorien dans son Magnificat à 6 voix en l’amplifiant pour son siècle, de même Jean-Paul Holstein partira du Magnificat de Monteverdi pour nous en proposer un nouveau pour notre temps par l’entremise des Solistes XXI de Christophe Grapperon. Ainsi la chaine de la création ne se rompt pas. Car il a fallu toujours composer pour dire aux hommes ce qu’était la beauté en son temps. Car l’homme est co-créateur de l’univers.
 
Jeudi 26 juillet : Libre-cours à Gaël de Kerret, Monteverdi et le madrigal