Lieux

L’église baroque de Valloire

pic_retable_eglise_valloireDressée en partie sur un bloc erratique déposé par le glacier de la Valloirette, au centre de la cuvette, encadrée par les maisons du chef- lieu, appelé Place, elle peut être vue de tous les villages sauf de ceux du Tiers Dessus qui ne peuvent la contempler car elle est masquée, à la fois, par le coude de la vallée et par le Rocher Saint-Pierre. Succédant sur le même emplacement à un édifice antérieur plus petit, probablement de style roman, l’église paroissiale Notre-Dame de l’Assomption, fut reconstruite et, décorée, de 1630 à 1682, dans le style baroque si répandu en Savoie par le fait de son appartenance à un état situé des deux côtés des Alpes. Une reconstruction exigée par l’importante population locale (plus de 3000 habitants vers 1630) et par la volonté exprimée par l’Eglise de la Réforme catholique au Concile de Trente, soutenue par les évêques et, à Valloire, par un curé de choc, Pierre Dupré, présent pendant quarante ans, de rappeler la foi d’où l’exaltation des couleurs des peintures et le décor grandiose d’anges et de guirlandes de la gypserie du chœur au-dessus du grand retable sculpté par le chambérien François Rimelin avec au-dessus de l’autel, un tabernacle doré rappelant l’importance de l’eucharistie. L’église compte également huit autels latéraux dont les peintures rappellent les dévotions chères à l’époque et parfois, la fréquentation de pèlerinages situés en Piémont (Oropa) ou près de l’Adriatique (Loreto). La voûte de la nef peinte en trompe-l’œil met en scène dans des médaillons des scènes de la vie de la Vierge et du Christ. Ainsi, ce monument prestigieux par la richesse de son mobilier et de son décor a été classé par les Monuments Historiques, en 1945.

La chapelle de Poing-Ravier

Chapelle de Poingt-RavierCette chapelle bâtie en 1624 juste au-dessus du hameau, sert de repère aux habitants du Tiers Dessus. Dotée d’un clocher-porche, elle possède une salle de culte modestement décorée, avec au-dessus de l’autel, un tableau représentant Marie-Madeleine versant du parfum sur les pieds du Christ. Cette dévotion s’est développée, à partir du XVII° siècle car la Madeleine est devenue la protectrice, après Saint-Bernard des Alpes, des passages. On peut apercevoir, en effet, au fond de la vallée de la Valloirette, les vallons qui conduisent, à gauche, vers le col des Rochilles et, à droite, vers le col du Galibier, deux passages, frontaliers avant 1860, faisant communiquer la Savoie avec le Dauphiné français.

Le collet Saint Pierre

pic_chapelle_st_pierrePour les voyageurs qui descendent vers la cuvette de Valloire la vue sur le Galibier est masquée par un double éperon calcaire, Poingt-Ravier et le Rocher Saint-Pierre, un verrou glaciaire. Les promeneurs à mi-pente peuvent admirer une magnifique chapelle néogothique, Saint-Pierre construite en 1858. Le bâtiment est isolé près d’une butte herbeuse, surmontée autrefois d’un château, appartenant aux évêques de Maurienne qui exigeaient redevances en nature et corvées des habitants de Valloire. Rapidement des notables résidant dans de belles maisons de village furent châtelains au nom de l’évêque. Dès le XVIème siècle le château était en ruine. La piste de ski à gauche en montant a effacé en grande partie les traces du village des Sellettes qui utilisait la chapelle castrale comme lieu de culte. Des valloirins se rappellent que ce village était encore habité dans les années 50, il reste deux maisons en ruine dans un bosquet masquant ainsi définitivement l’existence de ce village.

Col des Trois Croix

Chapelle des Trois Croix Lors du premier festival baroque de Valloire, nous avons découvert Poingt Ravier et sa chapelle face à la haute vallée du Galibier. En 2011, empruntant l’ancien chemin rural de Chosaux-Ville vers Le Col, croisant quelques chapelles témoins du maillage sacré de notre territoire, nous rejoindrons un autre « haut lieu ». Cheminant à travers prairies et bosquets d’où surgiront, brutalement, peut-être, une harde de chevreuils, nous découvrirons la chapelle Notre-Dame de Vie, une de nos « sentinelles » face à un paysage majestueux. Mais, chut ! Le reste vous sera conté, lors d’un nouveau « Libre-cours » de « Baroque et paysages », jeudi 4 août lors des « Proms musicales».

Hameau de Poingt Rogerel

pic_poingt_rogerel Le hameau de Poingt-Rogerel était jusqu’au XIX° siècle habité toute l’année. Son éloignement des autres villages de Valloire, et son chemin muletier impraticable en hiver,furent la cause de sa déshérence.
Aujourd’hui on y trouve l’été une bergerie d’alpage active et quelques vieux chalets que des vacanciers font revivre. Jusqu’à ces dernières années une piste de ski, descendant du crêt du Quart, se faufilait en douceur entre les maisons endormies sous leurs toits ourlés de neige. Au long des belles journées d’été les randonneurs passent ici, ils viennent du col des Trois-Croix ou des prairies de la vallée de l’aiguille Noire.
« Poingt » vient du latin podium et signifie mamelon, montagne peu élevée. Quant à « Rogerel » c’est une trace des « Roger » et des « Rogeraux » patronymes disparus de nos jours. Toutefois Blaise Rogerel a laissé son nom à la chapelle bâtie sur le même versant de la montagne, à l’Archat, puisqu’il en fut le fondateur en 1653… C’était à cette époque que les arts baroques fleurissaient, ils perdurent aujourd’hui pour notre plus grand plaisir!